ARMÉES SÉNÉGALAISES À L’HORIZON 2035 : OUMAR WADE FIXE LE CAP DE LA TRANSFORMATION

ARMÉES SÉNÉGALAISES À L’HORIZON 2035 : OUMAR WADE FIXE LE CAP DE LA TRANSFORMATION

« Construire les armées sénégalaises de 2035 : cohérence, adaptation et liberté d’action ». C’est autour de cette thématique que le Vice-Amiral d’escadre Oumar WADE, Chef d’état-major général des Armées (CEMGA), a prononcé la leçon inaugurale de la rentrée académique 2026-2027 de l’Institut de Défense du Sénégal (IDS).

La cérémonie s’est tenue ce jeudi 24 septembre 2026, à l’occasion de la rentrée du Cours supérieur de l’École de guerre et du Cours d’état-major de l’IDS. Elle a réuni un auditoire de haut niveau composé notamment d’officiers généraux, des chefs d’état-major d’armée, des officiers stagiaires ainsi que du corps professoral de l’Institut.

Au cours de cette leçon inaugurale, le CEMGA a exposé sa vision de l’évolution des Forces armées sénégalaises face aux profondes mutations de l’environnement stratégique international. Il a placé la réflexion autour d’une interrogation centrale : quelles Armées le Sénégal doit-il construire aujourd’hui pour continuer à être capable de comprendre, de décider et d’agir dans un environnement stratégique en perpétuelle transformation ?

Pendant plus d’une heure de communication et d’échanges, le Vice-Amiral d’escadre Oumar WADE a souligné que la transformation des Armées à l’horizon 2035 ne saurait se limiter à une simple succession de programmes de modernisation. Elle doit, selon lui, être envisagée comme un véritable système, fondé sur la cohérence et la synchronisation des différents leviers de la puissance militaire.

Organisation, ressources humaines, processus, infrastructures et technologies doivent ainsi évoluer de manière coordonnée afin de préparer les Armées sénégalaises aux défis futurs. Cette transformation doit surtout permettre aux Forces armées de conserver leur capacité d’initiative et leur autonomie dans la prise de décision.

Le CEMGA a particulièrement insisté sur une exigence stratégique : « donner aux Armées la capacité de rester maîtresses de leurs choix ». Une ambition qui suppose de développer, dès aujourd’hui, les capacités nécessaires pour anticiper les évolutions, faire face aux incertitudes et préserver la liberté d’action lorsque les circonstances viendront à se dégrader.

TROIS QUESTIONS POUR PRÉPARER LES CHEFS DE DEMAIN

S’adressant aux officiers stagiaires, l’Amiral WADE a formulé trois questions destinées à accompagner leur réflexion tout au long de leur formation.

La première porte sur l’anticipation : quelles transformations faut-il comprendre suffisamment tôt pour ne pas avoir à les subir lorsqu’elles deviendront évidentes ?

La deuxième concerne les capacités à maîtriser. Il s’agit d’identifier les capacités humaines, organisationnelles, technologiques et matérielles que les Armées doivent impérativement développer afin de préserver leur liberté d’action dans les situations de crise.

La troisième question touche directement à la formation des futurs chefs militaires : quel type de chef faut-il former pour une Armée appelée non seulement à être plus puissante, mais aussi à comprendre plus vite, apprendre plus vite et s’adapter plus rapidement que les défis auxquels elle sera confrontée ?

À travers ces trois interrogations, le CEMGA a ainsi placé la formation des élites militaires au cœur de la préparation des Armées sénégalaises de demain. L’enjeu n’est plus seulement de disposer de moyens modernes, mais de pouvoir les intégrer dans une organisation capable d’apprendre, d’anticiper et de s’adapter en permanence.

UN CYCLE DE FORMATION À DIMENSION INTERNATIONALE

La rentrée académique 2026-2027 de l’Institut de Défense du Sénégal s’inscrit également dans une dynamique d’ouverture et de coopération avec les Forces armées partenaires.

Le cycle 2026-2027 du Cours supérieur de l’École de guerre compte 26 officiers supérieurs stagiaires, dont 12 issus des Forces armées partenaires. De son côté, le Cours d’état-major accueille 41 stagiaires, parmi lesquels 10 officiers provenant de pays amis.

Cette présence d’officiers étrangers témoigne de la dimension internationale de l’IDS et de l’importance accordée à la coopération militaire et au partage d’expériences dans la formation des futurs cadres supérieurs des Forces armées.

À travers cette leçon inaugurale, le Vice-Amiral d’escadre Oumar WADE a ainsi donné le ton de l’année académique : préparer les chefs militaires à penser l’avenir, anticiper les transformations et construire, dès aujourd’hui, les conditions d’une Armée sénégalaise capable de préserver sa cohérence, son efficacité et sa liberté d’action à l’horizon 2035. Michel DIOUF