FINANCES PUBLIQUES EN GUINEE : Le Fmi dégage de bonnes perspectives

Le FMI a mené une consultation conformément à l'Article IV en mai 2024, approuvée en conseil d'administration, accompagnée d’un appui d'urgence de 71 M USD via la facilité sur chocs exogènes (RSW) suite à l’explosion d’un dépôt pétrolier fin décembre 2023.
Croissance :
- Anticipations : 2024 : +4,1 % (contre 5,7 % en 2023), à cause des pénuries de carburant liées à l’explosion ;
- Rebond attendu en 2025 à +5,6 %, porté par le secteur minier.
- 2024 : forte hausse à ~11 % (impact des pénuries sur le transport et l'alimentation) ;
- Baisse attendue sur le moyen terme, dans le sillage de la normalisation des approvisionnements.
- Déficit public global prévu à ~3 % du PIB en 2024, puis stabilisation vers 2½ % ;
- Compte courant creuserait à –10,6 % du PIB en 2024, via le surcoût des importations de carburant
- La Guinée reste à risque modéré de surendettement ; l’IMF recommande de maximiser les financements concessionnels, éviter la dette domestique excessive et renforcer la gestion de la dette.
- Banque centrale prête à resserrer les taux si l’inflation reste élevée ;
- Politique monétaire accommodante en 2023–2024 (réduction du taux principal à 11 %, baisse des réserves obligatoires).
- Déblocage de 71 M USD pour soutenir les ménages, décontaminer le site, reconstruire les infrastructures et bâtir un nouveau dépôt.
- Relance transitoire de la politique budgétaire malgré un déficit accru, afin de couvrir les dépenses urgentes tout en maîtrisant la trajectoire budgétaire.
- Début de production envisagé dès 2025, avec un effet sur le PIB de +26 % par rapport à un scénario sans projet d’ici 2030 ;
- Appréciation modérée du franc guinéen (≈+3 % en 2025, +2 % en 2030)
- Croissance de l’emploi malgré cela, pas de retombées automatiques sur la consommation privée ou la réduction des inégalités sans politiques ciblées.
- 43 % des foyers vivent sous le seuil de pauvreté, les 10 % les plus riches détiennent 42 % du revenu total.
- Canaliser les recettes fiscales générées vers l’éducation et les infrastructures afin de renforcer la croissance inclusive et la résilience contre la « malédiction des ressources » (Dutch Disease).
- Mettre en place une gestion proactive des revenus, renforcer les capacités publiques et accroître la transparence.
- À court terme, suite à l’explosion de décembre 2023, l'économie reste vulnérable : croissance ralentie, inflation accrue, déficit et déséquilibre externe.
- À moyen terme, la robuste reprise de la production minière et la dynamique générée par des projets comme Simandou offrent une fenêtre d’opportunité.
- À long terme, le succès de ce cycle dépend de la qualité des politiques publiques : diversification économique, investissement dans le capital humain et infrastructures, gestion saine de la dette, stabilité politique et inclusion sociale.