Les Émirats arabes unis réfutent avoir autorisé d’utiliser leur territoire contre l’Iran

Les Émirats arabes unis réfutent avoir autorisé d’utiliser leur territoire contre l’Iran

Comme suite à mes lettres datées du 31 mars 2026 (S/2026/271) et du 17 avril 2026 (S/2026/339), et d’ordre de mon Gouvernement, je vous écris en réponse à la lettre de la République islamique d’Iran datée du 13 avril 2026 (S/2026/322).

Les Émirats arabes unis rejettent catégoriquement et avec la plus grande fermeté les allégations dénuées de fondement et le raisonnement hautement contestable contenus dans la lettre susmentionnée de l’Iran, qui déforme sans vergogne les faits afin de se dégager de toute responsabilité et d’échapper à l’obligation de rendre des comptes pour les actes illicites de l’Iran et de ceux qui agissent en son nom. Ces allégations sont infondées, gratuites et dépourvues de tout fondement juridique ou factuel. Comme nous l’avons invariablement affirmé dans nos communications précédentes, les Émirats arabes unis ne sont pas partie au conflit armé. L’Iran a néanmoins lancé des attaques illégales contre les Émirats arabes unis, alors que ces derniers avaient tenté d’apaiser les tensions et affirmé que leur territoire ne serait pas utilisé pour mener des actes d’hostilité contre l’Iran.

Les Émirats arabes unis répètent qu’ils respectent pleinement les principes de souveraineté, d’intégrité territoriale, de non-intervention dans les affaires intérieures des États et de bon voisinage, tels qu’ils sont inscrits dans la Charte des Nations Unies. Les Émirats arabes unis réaffirment que le droit international leur confère le droit absolu et naturel de riposter, que ce soit individuellement ou collectivement, comme indiqué dans l’article 51 de la Charte des Nations Unies. À cet égard, les Émirats arabes unis prendront toutes les mesures nécessaires pour protéger leur souveraineté, leur population, leur sécurité et leur stabilité.

Dans sa résolution 2817 (2026), le Conseil de sécurité a réaffirmé le droit naturel de légitime défense que reconnaît l’article 51 de la Charte des Nations Unies, en réponse aux attaques armées regrettables menées par l’Iran, et condamné avec la plus grande fermeté ces attaques scandaleuses. Le Conseil de sécurité a également exigé que la République islamique d’Iran cesse immédiatement toutes ses attaques et qu’elle cesse immédiatement et sans condition de provoquer ou de menacer les États voisins et notamment d’agir par alliés interposés. Dans sa résolution 2817 (2026), le Conseil de sécurité a aussi considéré que les attaques menées par l’Iran contre les Émirats arabes unis et d’autres États voisins portent atteinte au droit international et font peser une grave menace sur la paix et la sécurité internationales.

L’Iran a cherché à se soustraire à ses responsabilités en remettant en cause la légitimité et le fond de la résolution 2817 (2026) du Conseil de sécurité. Ces allégations de l’Iran sont illégitimes et dépourvues de tout fondement juridique, et, en réalité, contraires à la Charte des Nations Unies elle-même. Les États Membres ne peuvent pas se permettre de choisir arbitrairement les résolutions du Conseil de sécurité dont ils tiennent compte et celles qu’ils ignorent. Selon la Charte des Nations Unies, tous les États Membres conviennent d’accepter et d’appliquer les décisions du Conseil de sécurité. Pourtant, l’Iran n’a cessé de se soustraire aux décisions contraignantes du Conseil de sécurité, notamment en continuant de commettre des actes illicites visant les Émirats arabes unis depuis l’adoption de la résolution 2817 (2026), en violation directe de celle-ci et au mépris total de ses obligations au regard du droit international, y compris la Charte des Nations Unies.

De plus, la résolution 2817 (2026), notamment en ce qu’elle constate que les agissements de l’Iran portent atteinte au droit international, ne reflète pas seulement la position du Conseil de sécurité mais aussi celle de la communauté internationale. Les Émirats arabes unis rappellent à cet égard que 136 États Membres se sont portés coauteurs de la résolution 2817 (2026), un nombre record. Cette position a aussi été reprise dans les décisions d’autres instances, comme le Conseil des droits de l’homme, dont la résolution 61/1 (2026), adoptée sans vote, dans laquelle le Conseil a condamné avec la plus grande fermeté les attaques inacceptables perpétrées par l’Iran contre les territoires du Royaume de Bahreïn, de l’État du Koweït, du Sultanat d’Oman, de l’État du Qatar, du Royaume d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Royaume hachémite de Jordanie, et estimé que ces attaques constituaient une atteinte au droit international, et dans la décision du 19 mars 2026 du Conseil de l’Organisation maritime internationale et dans la décision du Comité juridique de celle-ci à sa 113e session, qui ont condamné avec force les attaques menées par l’Iran et qualifié ces attaques de violation du droit international.

Depuis le 28 février 2026, les agissements illicites de l’Iran ont notamment consisté en des attaques directes, menées à l’aide de missiles et de drones, contre les Émirats arabes unis et d’autres États voisins. Ces attaques constituent une grave violation du droit international et de la Charte des Nations Unies, et de l’interdiction de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de tout État.

Ces agissements de l’Iran sont injustifiables, et le fait que celui-ci invoque son droit de légitime défense ainsi que l’article 51 de la Charte des Nations Unies pour justifier ses attaques inacceptables contre les Émirats arabes unis est aussi scandaleux qu’irresponsable. L’Iran ne peut se soustraire à ses responsabilités en déformant les faits et en interprétant le droit de manière erronée.

Les faits internationalement illicites de l’Iran ont des conséquences juridiques en droit international. L’Iran a, ainsi, l’obligation d’accorder une réparation adéquate, effective et rapide pour tous les dommages et préjudices causés par les faits internationalement illicites qu’il a commis aux Émirats arabes unis ou qui ciblaient ceux-ci.

Les Émirats arabes unis demandent à l’Iran de s’abstenir de toute menace et de tout acte d’hostilité, que ce soit directement ou par l’intermédiaire de ses alliés interposés, de respecter pleinement les obligations que lui imposent le droit international et les résolutions applicables du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2817 (2026), et d’éviter toute nouvelle escalade.

Les Émirats arabes unis demandent au Conseil de sécurité de s’acquitter des responsabilités qui lui incombent en application de la Charte des Nations Unies et de prendre les mesures appropriées pour garantir le respect de ses résolutions et lutter contre les menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité internationales.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter le texte de la présente lettre à l’attention des membres du Conseil de sécurité et de le faire publier comme document du Conseil.

Mohamed Abushahab