Maroc : puissance régionale en consolidation selon un rapport de Stimson Center

Le rapport du Stimson Center présente le Maroc comme une puissance moyenne émergente qui cherche à se positionner comme un pont stratégique entre l’Europe, l’Afrique et l’espace méditerranéen. Cette montée en puissance repose sur une politique industrielle ambitieuse, l’intégration commerciale, le développement des énergies renouvelables, de l’industrie automobile et des minéraux critiques, ainsi qu’une diplomatie active en Afrique. Toutefois, le pays reste confronté à des défis structurels majeurs, notamment le chômage des jeunes, les inégalités territoriales et la rareté de l’eau.
Le dossier du Sahara occidental demeure le pilier central de la politique étrangère marocaine. Rabat contrôle la majeure partie du territoire et défend une solution d’autonomie sous souveraineté marocaine, tandis que le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, continue de revendiquer l’indépendance. Le rapport souligne que la dynamique diplomatique évolue progressivement en faveur du Maroc : plusieurs pays africains ont retiré leur reconnaissance de la RASD, de nombreux consulats ont été ouverts à Laâyoune et Dakhla, et les États-Unis ont reconnu en 2020 la souveraineté marocaine sur le territoire dans le cadre des Accords d’Abraham. La résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU d’octobre 2025 renforce également l’approche fondée sur le plan d’autonomie marocain.
Sur le plan sécuritaire, le Maroc est présenté comme un acteur clé de la lutte antiterroriste en Afrique du Nord et au Sahel. Grâce à des services de renseignement efficaces, une coopération étroite avec les partenaires occidentaux et une politique de promotion d’un islam modéré supervisé par la monarchie, le pays a réussi à limiter les attaques terroristes majeures depuis 2003. Le royaume exporte également son modèle religieux à travers la formation d’imams africains et européens. Malgré cela, les risques liés à la radicalisation, au retour de combattants djihadistes et à l’instabilité sahélienne demeurent des préoccupations importantes.
Enfin, le rapport insiste sur l’ancrage africain croissant du Maroc. Depuis son retour à l’Union africaine en 2017, le royaume multiplie les investissements économiques, bancaires et agricoles en Afrique subsaharienne. Des groupes comme Attijariwafa Bank, Maroc Telecom et OCP jouent un rôle central dans cette stratégie d’influence. Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc illustre cette ambition continentale en reliant l’Afrique de l’Ouest aux marchés européens. À travers cette politique africaine, Rabat cherche à renforcer son poids géopolitique, sécuriser des partenariats économiques et consolider le soutien international à sa position sur le Sahara occidental. Soda SALL