POLITIQUE : Le projet de Mélenchon pour les LGBT

Projet d’égalité et de liberté, la 6e République marquera une nouvelle étape pour l’égalité et l’émancipation de chaque personne.
L’élaboration de la nouvelle Constitution par le peuple tout entier sera l’occasion de consacrer des droits nouveaux, collectifs et individuels, civils et politiques. En les inscrivant dans sa loi fondamentale, le peuple assure ainsi aux siennes que leurs droits et libertés ne seront pas constamment remis en cause.
Nous proposerons dans le cadre de l’Assemblée constituante de consacrer des droits qui sont pour nous fondamentaux :
- La libre disposition de soi, de son corps et de son esprit, et ce, de la naissance à la mort, c’est-à-dire le droit de définir sa propre identité de genre et de la voir reconnue par les pouvoirs publics et dans tous les aspects de la vie quotidienne, mais aussi le droit de choisir sa fin (« le droit d’éteindre la lumière »).
- L’accès pour toutes et tous à des soins et des politiques de santé publique qui permettent de mener sa vie de manière autonome.
- La lutte contre les discriminations dans l’accès aux droits fondamentaux, et notamment au travail et au logement.
- L’égalité entre les femmes et les hommes.
- La protection des amours entre personnes, dans leur diversité : c’est le consentement qui fait loi.
- La laïcité, condition de la liberté de conscience de chacun, de l’égalité et de la fraternité entre toutes les citoyennes quelle que soit leur option philosophique ou spirituelle, y compris l’athéisme.
- L’inscription de ces droits dans un projet plus large d’émancipation sociale, dans le travail, la culture, les loisirs, le sport, l’éducation tout au long de la vie… au travers de services publics de qualité.
- Créer un Commissariat de l’égalité reprenant notamment les missions de l’actuel Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH). Le Commissariat de l’égalité combattra toutes les discriminations racistes, sexistes, contre les personnes LGBTI ou en situation de handicap, en lien avec les préconisations du Défenseur des droits. Il sera doté d’un corps d’inspecteur·(rices) avec pouvoir non seulement d’alerte, mais aussi de sanctions (judiciaires, économiques)
- Mettre en place un plan d’éradication des violences à l’encontre des personnes LGBTI : formation et instructions claires données à la police et à la gendarmerie, avec sanction des comportements homophobes, visant notamment à permettre systématiquement le dépôt de plainte et la poursuite des auteurs
- Lutter contre les discriminations en milieu scolaire : favoriser les agréments pour les associations LGBTI en milieu scolaire, garantir les moyens nécessaires pour la tenue effective des programmes de lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre
- Lutter contre les discriminations en milieu professionnel : doubler les moyens de l’Inspection du travail pour permettre une intervention systématique et efficace ; multiplier les campagnes de sensibilisation aux discriminations au travail ; organiser des formations professionnelles intégrant les luttes contre les discriminations pour la police, la justice, les intervenant·es sociaux·les, les éducateur·rices, l’administration pénitentiaire, etc.
- Prévenir les suicides des personnes LGBTI par une campagne active des agences de santé publique
- Étendre le droit à la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les personnes en capacité de procréer, avec prise en charge par la Sécurité sociale, et permettre l’utilisation des gamètes pour les femmes transgenre et l’accès aux techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP) pour les hommes transgenre en capacité de le faire.
- Renforcer les moyens consacrés au dépistage du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST)
- Garantir les droits des patient·es : rembourser à 100 % les soins de santé prescrits ; instaurer un pôle public du médicament pour faciliter l’égal accès aux traitements face aux laboratoires privés ; former les soignant·es pour délivrer des soins appropriés et non-stigmatisants
- Développer une politique d’éducation à la santé sexuelle de l’école à l’université, avec des formations spécifiques pour les personnels qui assurent cette éducation et des campagnes diffusées dans tous les établissements
- Développer la prévention VIH et l’éducation à la santé sexuelle sur les publics les plus à risque (en prison, prostitué·es, migrant·es, usager·es de drogues avec seringues…), et notamment leur permettre d’accéder à la prophylaxie pré-exposition (PrEP), stratégie de prévention du VIH basée sur la prise d’un médicament antirétroviral qui empêche les contaminations
- Lutter efficacement contre les infections sexuellement transmissibles (IST), en prenant en compte la diversité des orientations et des comportements sexuels ou amoureux. Il faut s’adresser aux hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH) qui ont des taux d’incidence au VIH très supérieurs à la moyenne, notamment chez les jeunes
- Mettre en oeuvre une stratégie de prévention spécifique aux usager·es de chemsex par un renforcement des moyens alloués par les pouvoirs publics aux associations communautaires, en favorisant la consommation maîtrisée par l’accompagnement et l’éducation aux risques liés à chaque pratique, et s’appuyant sur le dépistage régulier pour le VIH, les hépatites et les IST avec traitement immédiat des usager·es.
- Inscrire le droit à l’autodétermination du genre dans les droits humains inaliénables protégés par la Constitution de la 6e République.
- Dès maintenant, garantir le droit au changement de la mention du sexe à l’état civil, librement et gratuitement devant un officier d’état civil, sans condition médicale
- Reconnaître le libre choix des parcours médicaux de transition, sur la base du consentement éclairé, avec le maintien des remboursements en France et à l’étranger
- Rembourser à 100 % par la Sécurité sociale les soins de transition, sans devoir passer par une procédure de reconnaissance d’affection de longue durée (ALD).
- Généraliser la reconnaissance comme critère pour établir la filiation, que les parents soient unis par un mariage, un PACS, en concubinage ou pas, et quelque soit leur sexe
- Mettre fin à la « présomption de paternité » dans le cadre du mariage
- Simplifier les règles de filiation pour reconnaître le rôle des parents sociaux sans passer par une procédure d’adoption complexe
- Parce que les enfants n’ont pas à subir les décisions de leurs parents, compléter la liste des discriminations visées à l’article 1er de la loi no 2008-496 du 27 mai 2008 et aux articles 225-1 et 225-2 du Code pénal, pour que soient ajoutés un 24e et un 25e critère prohibant la discrimination en raison des conditions de conception et des conditions de naissance
- Créer une adoption sociale : ce partenariat civil consistera à un engagement d’entraide matérielle réciproque. Les règles pour l’héritage entre adopté·es sociaux·les seront les mêmes que celles de la filiation directe.
- Interdire les mutilations des enfants intersexués à leur naissance, les traitements hormonaux et les stérilisations non consenties sur les personnes intersexuées
- En finir avec la notion pathologique de « trouble du développement sexuel » légitimant les interventions médicales irréversibles non consenties
- Mettre en place une information complète des personnes intersexes et de leur entourage, dans un cadre non pathologisant, avec un accès complet à leur dossier médical, favorisant l’échange et la rencontre avec d’autres personnes concernées
- Former le personnel médical, juridique, scolaire et social susceptible d’être en contact avec des personnes intersexes de tout âge.
- Former l’ensemble des intervenant·es de l’accueil aux questions LGBTI et créer des référent·es médiateur·rices dans tous les services mobilisés
- Ne pas entraver dans les consulats l’octroi de visa pour les membres des couples binationaux en union libre ou désireux de se lier par un PACS ou un mariage
- Développer l’asile pour les personnes LGBTI persécutées dans leurs pays
- Faire avancer au niveau européen la directive globale et universelle contre toutes les discriminations, bloquée depuis 2004 par les gouvernements conservateurs
- Harmoniser le traitement de dossiers dans les consulats et les préfectures et veiller aux bonnes pratiques (confidentialité en cas de risque de persécutions, respect du nom et du genre choisis par les requérant·es, etc.)
- Mettre fin à la situation des transgenres « deux fois sans-papiers », condition nécessaire pour permettre leur intégration sociale et économique.