Sassou plaide pour une souveraineté spatiale africaine et propose un observatoire pour le Bassin du Congo

Sassou plaide pour une souveraineté spatiale africaine et propose un observatoire pour le Bassin du Congo

À l’occasion du Sommet international sur l’espace à Paris, le président de la République du Congo, Denis Sassou N’Guesso, a appelé à une mobilisation accrue de l’Afrique autour des technologies spatiales. Il a notamment proposé la création d’un partenariat spatial pour le Bassin du Congo et l’installation à Brazzaville d’un observatoire spatial à vocation régionale.

Prenant la parole devant les chefs d’État et de gouvernement ainsi que les délégations présentes au Sommet international sur l’espace, Denis Sassou N’Guesso a d’abord salué l’organisation de la rencontre et remercié le président français Emmanuel Macron, ainsi que les autorités françaises et allemandes, pour leur invitation à la République du Congo.

Pour le chef de l’État congolais, l’espace ne constitue plus un domaine réservé aux grandes puissances ou aux technologies du futur. Il représente désormais, pour l’Afrique et particulièrement pour le Congo, un levier essentiel de développement, de sécurité et de souveraineté.

« L’espace n’est plus un horizon lointain pour l’Afrique et le Congo mon pays. Il est devenu une plateforme essentielle de notre développement, de notre sécurité et de notre souveraineté », a-t-il déclaré.

Pour une stratégie spatiale africaine commune

Denis Sassou N’Guesso a estimé que l’enjeu pour les pays africains n’est plus de déterminer s’il faut investir dans le secteur spatial, mais plutôt de définir une vision commune permettant d’en faire un véritable instrument de développement du continent.

Le président congolais a réaffirmé le soutien de son pays au développement de l’économie spatiale, de la science, de l’innovation et des nouvelles technologies. Il a également rappelé l’engagement du Congo au sein de l’Union africaine dans la construction d’une politique spatiale continentale.

Il a cité notamment l’adoption, en 2016, de la politique et de la stratégie spatiales africaines par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, ainsi que la décision de créer l’Agence spatiale africaine en 2018.

Pour Brazzaville, cette dynamique doit désormais favoriser davantage la mutualisation des moyens.

« Nous devons dans ce secteur compétitif éviter de construire 54 politiques spatiales isolées, lorsque nous pouvons mutualiser certaines infrastructures, certaines données, certaines compétences et certains investissements », a souligné Denis Sassou N’Guesso.

Un partenariat spatial pour le Bassin du Congo

Le président congolais a ensuite présenté l’une des principales propositions de son intervention : la création d’un partenariat spatial dédié au Bassin du Congo.

Cette initiative vise à mobiliser les technologies et les données spatiales au service de la protection de cet espace forestier stratégique, considéré comme l’un des grands régulateurs naturels du climat mondial.

Selon Denis Sassou N’Guesso, les pays engagés dans la préservation du Bassin du Congo doivent pouvoir disposer des données nécessaires, développer leurs capacités d’analyse et former davantage de scientifiques, d’ingénieurs et d’entrepreneurs.

Dans cette perspective, la République du Congo s’est dite prête à accueillir à Brazzaville un observatoire spatial du Bassin du Congo à vocation régionale, en étroite collaboration avec l’Agence spatiale africaine.

Cette proposition s’inscrit dans le rôle du Congo à la tête de la Commission Climat du Bassin du Congo, organe de l’Union africaine.

Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de dépasser une logique dans laquelle l’Afrique serait uniquement bénéficiaire des technologies développées ailleurs.

« L’Afrique ne demande pas seulement à recevoir, elle veut aussi contribuer, produire, innover et partager », a-t-il affirmé.

L’espace au service de la paix et de la sécurité

La deuxième proposition avancée par Denis Sassou N’Guesso concerne l’utilisation des technologies spatiales dans le domaine de la paix et de la sécurité.

Selon lui, l’observation satellitaire et les autres outils spatiaux peuvent contribuer à une meilleure connaissance des territoires, à la prévention des incidents et des conflits, ainsi qu’à une gestion plus efficace des frontières.

Le Congo, qui partage plus de 5 500 kilomètres de frontières avec ses pays voisins, se montre particulièrement attentif à cette question.

Brazzaville appelle ainsi à faire de l’espace un instrument de prévention et de règlement pacifique des différends, dans le respect du droit international, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États.

Vers une souveraineté technologique africaine

Pour Denis Sassou N’Guesso, l’enjeu spatial est également intimement lié à la souveraineté technologique du continent.

Une Afrique qui dépend entièrement de puissances extérieures pour observer ses territoires, communiquer, gérer ses données ou anticiper les crises demeure, selon lui, vulnérable.

Le président congolais a donc appelé à la construction progressive de capacités africaines propres dans le domaine spatial.

Il a notamment évoqué la coopération engagée entre la République du Congo et la République du Kazakhstan, présentée comme un exemple de partenariat ambitieux dans le secteur spatial.

« L’avenir de l’Afrique se construit aussi depuis l’espace »

En conclusion, Denis Sassou N’Guesso a appelé les dirigeants africains à porter une vision ambitieuse et à faire émerger une Afrique pleinement reconnue comme une actrice de l’économie spatiale mondiale.

Pour le président congolais, l’enjeu dépasse désormais la seule maîtrise technologique : il s’agit de renforcer l’autonomie du continent, de protéger ses ressources naturelles, d’améliorer sa sécurité et de créer de nouvelles opportunités de développement.

« L’avenir de l’Afrique ne se construit pas seulement sur terre, il se construit aussi depuis l’espace », a conclu Denis Sassou N’Guesso.